Le troc dans l'événementiel peut sembler attrayant : certains fournissent le lieu, d'autres amènent le public ; certains prennent des photos et des vidéos, d'autres publient des mentions ; certains aident avec le matériel, d'autres donnent accès à des invités, des partenaires ou du contenu.
Parfois, cela fonctionne très bien, surtout lorsque les deux parties ont une valeur ajoutée évidente : le lieu attire de nouveaux clients, l'expert gagne des clients potentiels, la marque obtient du contenu et de la visibilité, et l'organisateur bénéficie d'une ressource difficile ou coûteuse à acquérir.
Mais parfois, c'est l'inverse. Le troc peut se transformer non pas en collaboration, mais en travail inutile : beaucoup de correspondance, d'approbations, de logos, de publications, de rapports et d'attente, pour un bénéfice quasi nul.
Voyons ce qui peut être échangé, quand le troc est avantageux et quand il vaut mieux l'éviter.
Qu'est-ce qui peut être échangé ?
Dans le secteur de l'événementiel, le troc ne se limite pas à la simple « mise en avant de l'événement ». Différentes ressources peuvent être échangées.
Lieu.
Un restaurant, un espace de coworking, un hôtel, une galerie ou une salle de conférence peuvent accueillir un événement. En échange, ils bénéficient d'une audience, de mentions, de contenu photo et vidéo, et de la possibilité de présenter leurs services ou de vendre des produits complémentaires.
Audience.
Un partenaire peut disposer d'une communauté active, d'une base d'abonnés, d'une chaîne Telegram, d'une audience LinkedIn ou d'une communauté hors ligne. Ce partenaire peut faciliter les inscriptions et amener des participants à l'événement.
Contenu.
Un photographe, vidéaste, graphiste, blogueur ou média peut créer du contenu à partir de l'événement : photos, vidéos, interviews, courts métrages, critiques ou reportages.
Expertise.
Un conférencier, modérateur, animateur, avocat, spécialiste marketing, expert RH ou consultant peut présenter une intervention, animer une session, un atelier ou une séance de conseil.
Promotion.
Cela peut inclure des publications sur les réseaux sociaux, des newsletters par e-mail, une présence sur le site web, une annonce au sein de la communauté partenaire ou une mention sur une affiche ou des supports publicitaires.
Ressources techniques.
Équipement, éclairage, sonorisation, guichets d'inscription, badges, impression de documents, plateforme en ligne, billetterie, diffusion, assistance technique : autant de ressources dont le coût varie.
La principale erreur consiste à croire que toutes ces ressources sont équivalentes. Or, ce n'est pas le cas. Une plateforme pour 100 personnes et une simple publication dans les Stories ne constituent pas toujours un échange équitable. De même, une heure d'intervention d'un expert reconnu et un logo sur une bannière ne sont pas toujours équivalents.
Quand le troc est avantageux
Le troc est judicieux lorsque les deux parties en retirent des avantages clairs et mesurables.
Par exemple, un lieu peut mettre une salle à disposition pour un petit-déjeuner d'affaires en petit comité, car les invités correspondent à sa cible : entrepreneurs, directeurs des ressources humaines, investisseurs ou clients corporatifs. Dans ce cas, le lieu bénéficie non seulement d'un événement interne, mais aussi de clients potentiels.
De même, un photographe peut couvrir un événement gratuitement, mais obtenir en contrepartie le droit d'utiliser les photos pour son portfolio, d'être publié et d'accéder à un public susceptible de faire appel à ses services.
Un expert peut également intervenir gratuitement, mais obtenir ainsi l'opportunité de présenter son produit, de recueillir des demandes de consultation, de rencontrer des clients potentiels et de recevoir un enregistrement de sa présentation pour sa marque personnelle.
Un bon troc présente généralement trois caractéristiques :
• une valeur clairement définie pour chaque partie ;
• une proportionnalité entre la contribution et l'avantage attendu ;
• des accords précis sur les délais, les formats et les résultats.
En l'absence de précisions, le troc repose souvent sur des attentes. Or, les attentes constituent un mauvais fondement pour une coopération efficace.
Quand le troc engendre du travail supplémentaire
Le troc pose problème lorsqu'une partie fournit une ressource réelle, tandis que l'autre ne promet qu'une simple présence.
Par exemple, un organisateur demande à une salle de réception de la mettre à disposition gratuitement, promettant en échange une « bonne audience ». Or, aucune information n'est fournie : qui participera, combien de personnes seront présentes, leur solvabilité, si la salle sera représentée lors de l'événement et comment les retombées commerciales seront obtenues.
De même, un blogueur se voit offrir une entrée gratuite à un événement en échange d'un article, mais exige trois articles, une vidéo, un article séparé, la validation du texte, la mention de tous les partenaires, un rapport statistique et sa présence à l'intégralité de l'événement. À ce stade, il ne s'agit plus de troc, mais de travail à temps plein non rémunéré.
Ou encore, un partenaire technique fournit du matériel, mais il s'avère par la suite qu'il doit gérer l'installation, le démontage, le personnel sur place, les modifications urgentes, les câbles supplémentaires et tout autre travail dépassant le cadre convenu. Formellement, on parle de « troc », mais en réalité, il s'agit d'un travail contractuel gratuit.
Un mauvais troc se présente généralement ainsi :
• de nombreuses approbations, mais aucun avantage concret ;
• le volume des obligations augmente au fil du projet ;
• une partie supporte les coûts directs, l'autre ne fait que des promesses ;
• aucun responsable désigné ;
• les délais et les formats ne sont pas fixés ;
• a posteriori, il est impossible de déterminer s'il y a eu un résultat.
Il est préférable de ne pas qualifier ce format de collaboration. C'est tout simplement du travail non rémunéré, présenté sous une belle apparence.
Comment savoir si un échange est avantageux ?
Avant d'accepter un troc, il est judicieux de se poser quelques questions.
Que donnons-nous exactement ?
Par exemple : une salle réservée 4 heures, une publication Telegram, une liste de diffusion, 30 photos retouchées, une prestation de 40 minutes, du matériel ou un accès à une plateforme.
Qu'obtenons-nous exactement ?
Audience, contenu, candidatures, ventes, notoriété, accès à un partenaire, gains de réputation ou l'opportunité de tester un format.
Peut-on mesurer ces résultats ?
Nombre d'inscriptions, de clics, de portée, de candidatures, de participants, de mentions, de contacts collectés ou de codes promotionnels utilisés.
Combien de temps cela prendra-t-il ?
Parfois, le troc semble gratuit, mais il est trop chronophage pour l'équipe. Si les validations, la conception, les publications, la coordination et les rapports coûtent plus cher que le service lui-même, l'échange est désavantageux.
Y a-t-il un gain de réputation ?
Tout ne se mesure pas en argent. Participer à un événement de qualité, collaborer avec un lieu réputé ou intégrer une communauté de qualité peut s'avérer précieux. Cependant, il doit s'agir d'une décision réfléchie, et non d'un simple espoir que « ça finira par marcher ».
Que faut-il documenter à l'avance ?
Même dans le cadre d'un échange amical, il est préférable de formaliser l'accord par écrit. Cela peut prendre la forme d'un accord succinct, d'une confirmation par courriel ou d'une liste de conditions convenues.
Cet accord doit inclure :
• Qui fournit quoi ;
• Les dates et échéances ;
• L'étendue des services ou des ressources ;
• Les modalités de promotion et de mention ;
• Les exigences relatives aux logos, liens et tags ;
• Qui prend en charge les frais ;
• L'utilisation des photos et vidéos est-elle autorisée ?
• Les modalités en cas d'annulation de l'événement ;
• La personne responsable de la coordination.
Il ne s'agit pas de formalités administratives inutiles. C'est un moyen d'éviter une situation où un partenaire pense fournir « uniquement la salle », tandis que l'autre s'attend à du personnel, du mobilier, du matériel, de l'eau, l'accueil des participants et le nettoyage.
Exemples d'échanges avantageux :
Salle + Organisateur.
La salle est mise à disposition pendant 3 heures. L'organisateur amène 50 personnes issues du public cible, affiche le logo de la salle dans l'annonce, accorde 5 minutes à la salle pour un discours de bienvenue et fournit des photos professionnelles de l'événement.
Expert + Événement.
L'expert intervient gratuitement. L'organisateur lui fournit l'enregistrement de sa présentation, une annonce dédiée, un lien vers son profil, la possibilité d'intégrer un QR code pour une consultation et une mention dans le compte rendu de l'événement.
Médias + Organisateur.
Les médias publient l'annonce et le compte rendu de l'événement. L'organisateur accorde au média le statut de partenaire, un logo sur la page de l'événement, l'accès aux intervenants et du contenu exclusif.
Partenaire technique + Conférence.
Le partenaire fournit une partie du matériel. L'organisateur les mentionne comme partenaire technique, appose sa marque sur le lieu et les supports de communication, et offre la possibilité de recueillir les coordonnées de clients potentiels.
Dans tous ces exemples, la valeur ajoutée est évidente. Personne ne se contente d'aider. Chaque partie comprend les raisons de sa participation.
Quand vaut-il mieux refuser ?
Il est préférable de refuser un échange de services si l'autre partie ne peut expliquer le bénéfice précis que vous en retirerez. Des phrases comme « il y aura beaucoup de personnes intéressantes », « nous vous mettrons en avant », « nous avons un projet prometteur », « il y aura des commandes payantes plus tard » sont insuffisantes. Elles peuvent être vraies, mais il ne s'agit pas d'une offre commerciale.
Vous devriez également refuser si quelqu'un vous propose un emploi à temps plein en le qualifiant d'« opportunité ». Une opportunité vous donne accès à un public, un marché, du contenu ou un partenariat. Un travail gratuit sans résultat clair n'est pas une opportunité.
Conclusion
Les collaborations basées sur le troc peuvent être un outil précieux pour l'organisation d'événements. Ils permettent de lancer des projets avec un budget réduit, de nouer des partenariats, d'optimiser la promotion et d'apporter une valeur ajoutée aux participants.
Cependant, un troc réussi exige la même rigueur professionnelle qu'un service payant. Il est essentiel de bien comprendre la nature de l'échange, les avantages que chaque partie en retire et comment mesurer les résultats.
La question pertinente n'est pas de savoir si quelque chose est possible sans argent, mais plutôt si chaque partie reçoit une valeur à la hauteur de son investissement.
Et vous, les collaborations basées sur le troc sont-elles souvent bénéfiques pour votre événement ou engendrent-elles plutôt du travail supplémentaire ?
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